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Huiles de support et huiles fixes

Huile de noix de coco (Cocos Nucifera) : la source de mousse dans la fabrication du savon

En bref : l'huile de coco (INCI : Cocos Nucifera Oil) est une huile de base utilisée en savonnerie, dont la teneur en acide laurique est comprise entre 48 et 50 %. Elle est la source de mousse en savonnerie : elle produit une mousse abondante, vive et nettoyante. C'est un ingrédient incontournable des recettes de savon à froid.

L’huile de coco est une huile végétale tropicale riche en acide laurique (45 à 53 %), obtenue à partir du noyau du fruit mûr (coprah) du palmier Cocos nucifera L. (famille des Arecaceae). Source principale de mousse en savonnerie, l’huile de coco est un composant indispensable à la conception des formules grâce à sa mousse abondante, volumineuse et aérée. L'huile de coco, présente dans 22 produits de la gamme «Chailea», constitue l'une des «trois huiles de base» de la savonnerie, au même titre que l'huile d'olive et l'huile de palme.

Cet article n’est pas une présentation de produit. Les informations qu’il contient ne constituent en aucun cas une allégation thérapeutique.

Origine botanique

Cocos nucifera L. est un palmier poussant dans les régions côtières tropicales et pouvant atteindre 30 mètres de haut. On pense qu’il est originaire d’Asie du Sud-Est. Les Philippines, l’Indonésie, l’Inde et le Sri Lanka sont les principaux pays producteurs. La noix de coco est connue sous le nom d’« arbre de vie » : on extrait de son fruit de l’huile, du lait, de l’eau et des fibres (coco), tandis que sa coque fournit du charbon et que son bois sert de matériau de construction.

Profil chimique

Acide laurique : 45 à 53 %

L’acide laurique (C12:0) est le composant le plus important de l’huile de coco. Parmi les acides gras à chaîne moyenne (AGCM), l’acide laurique est celui qui présente le plus fort potentiel antimicrobien. Il est transformé en monolaurine dans l’organisme — la monolaurine a démontré une activité in vitro contre les virus à enveloppe, les bactéries à Gram positif et les champignons. Autres acides gras importants : l’acide myristique (16 à 21 %), l’acide palmitique (8 à 11 %), l’acide caprylique (5 à 10 %), l’acide caprique (5 à 8 %), l’acide oléique (5 à 8 %) et l’acide stéarique (2 à 4 %).

Profil en acides gras saturés

L'huile de coco contient 82 à 92 % d'acides gras saturés — l'un des taux les plus élevés parmi toutes les huiles végétales. Cette forte teneur en acides gras saturés confère à l’huile une texture solide à température ambiante (en dessous de 25 °C) et une stabilité oxydative exceptionnelle (durée de conservation de 2 à 5 ans).

Sa place dans la littérature scientifique

Recherches sur la barrière cutanée

Dans une étude randomisée en double aveugle publiée par Agero et Verallo-Rowell (2004) dans la revue *Dermatitis*, il a été rapporté que l’huile de coco vierge favorisait l’hydratation de la peau sèche et réduisait la colonisation par *S. aureus*. Dans une étude publiée par Rele et Mohile (2003) dans le Journal of Cosmetic Science, il a été démontré que l’huile de coco protège plus efficacement les protéines capillaires que d’autres huiles.

Propriétés antimicrobiennes : acide laurique et monolaurine

Dans une étude publiée par Nakatsuji et ses collègues (2009) dans le Journal of Investigative Dermatology, il a été rapporté que l’acide laurique présentait une activité antimicrobienne in vitro contre Propionibacterium acnes (bactérie responsable de l’acné). Ces résultats ont été obtenus en conditions de laboratoire et ne constituent pas une allégation d'efficacité pour un produit.

Profil de sécurité

Le comité CIR (Cocos Nucifera) a estimé que l’huile de coco était sans danger pour un usage cosmétique. Potentiel comédogène : évalué sur une échelle de 4/5 — le risque d’obstruction des pores est élevé. C’est pourquoi l’huile de coco pure doit être utilisée avec prudence sur les peaux à tendance acnéique. Sous forme saponifiée (cocoate de sodium), le potentiel comédogène disparaît.

L'huile de coco dans la fabrication du savon

Le roi de la mousse

L’huile de coco est la principale source de mousse dans la fabrication du savon. L’acide laurique réagit avec le NaOH pour se transformer en laurate de sodium — le laurate de sodium est, parmi tous les sels de savon, celui qui produit le plus de mousse et la plus abondante. Son indice SAP (NaOH) est d’environ 0,178 — c’est l’une des huiles végétales courantes présentant l’indice SAP le plus élevé (elle nécessite davantage de NaOH).

Taux d’utilisation et précautions

Elle s’utilise à un taux de 15 à 30 %. Au-delà de 30 %, le savon peut s’avérer trop détergent et desséchant — la forte teneur en acide laurique élimine en effet une trop grande partie des lipides naturels de la peau. Un taux de 15 à 20 % est recommandé dans les formules pour peaux sensibles. Dans les formules pour « peaux sensibles », elle peut être remplacée par de l’huile de babassu.

Propriétés qu’elle apporte au savon

Une mousse blanche abondante, volumineuse et aérée, de la fermeté et de la résistance, un fort pouvoir nettoyant et une couleur blanche. Inconvénient : effet desséchant lorsqu’elle est utilisée en forte concentration.

Types d’huile de coco

Huile de coco vierge (VCO)

Elle est obtenue à partir de lait de coco frais par des procédés à froid. Elle présente un parfum et un goût légers de noix de coco. Sa teneur en acide laurique est similaire à celle de l’huile raffinée. Elle peut être utilisée en savonnerie, mais son coût est élevé.

Huile de coco raffinée (RBD)

Il s'agit d'une huile obtenue à partir de coprah séché, puis raffinée, blanchie et désodorisée. Elle est inodore. C'est la forme la plus couramment utilisée en savonnerie. Elle est économique.

Huile de coco fractionnée (huile MCT)

Il s’agit d’une huile liquide obtenue par séparation de l’acide laurique et des acides gras à longue chaîne, qui ne contient que des acides gras à chaîne moyenne (C8, C10). Elle n’est pas utilisée en savonnerie : son indice SAP est différent et elle ne mousse pas.

76° vs 92° : différence de point de fusion

L’huile de coco commerciale est vendue dans deux catégories de points de fusion : 76 °F (24 °C — standard) et 92 °F (33 °C — hydrogénée). L'huile à 92° ne doit pas être utilisée en savonnerie — elle contient des acides gras trans. Seule l'huile de coco à 76° (naturelle, non hydrogénée) doit être utilisée en savonnerie.

Foire aux questions

Pourquoi le savon à l’huile de coco mousse-t-il autant ?

Le sel de savon de l’acide laurique (laurate de sodium) est celui qui produit le plus de mousse parmi tous les sels de savon. C’est pourquoi l’huile de coco est considérée comme « la reine de la mousse ».

Le savon à l’huile de coco dessèche-t-il la peau ?

Oui, lorsqu’il est utilisé à forte concentration (%30+) — son fort pouvoir nettoyant peut éliminer en excès les huiles naturelles de la peau. Dans des formulations équilibrées à une concentration de %15 à %25, cet effet est minimisé.

Le débat sur la proportion d’huile de coco dans la fabrication du savon

La proportion d’huile de coco est un sujet fréquemment débattu au sein de la communauté des savonniers. Certains savonniers privilégient les recettes « riches en huile de coco » (40 à 50 %) pour leurs performances en matière de mousse, tandis que d’autres affirment que cette proportion dessèche excessivement la peau. Consensus général : une proportion de 20 à 25 % est considérée comme équilibrée et offre une mousse abondante ainsi qu’une hydratation acceptable. On peut élaborer des formules à 15 % pour les peaux sensibles et à 30 % pour un nettoyage en profondeur. Le « savon 100 % à l’huile de coco » (salt bar — savon à l’eau salée) est le seul type de savon qui mousse au contact de l’eau de mer ; il est utilisé par les marins.

L’huile de coco et l’économie tropicale

La production d’huile de coco occupe une place importante dans l’économie des pays tropicaux tels que les Philippines, l’Indonésie, l’Inde et le Sri Lanka. Environ 12 millions de familles d’agriculteurs vivent de la production de noix de coco. L’huile de coco certifiée « Fair Trade » et « bio » offre une alternative de plus en plus prisée pour des chaînes d’approvisionnement durables.

Le marketing de « l’huile miracle » et la réalité scientifique

Ces dernières années, l’huile de coco est présentée sur les réseaux sociaux comme une « huile miracle » — on y avance des allégations très variées, allant des soins capillaires au blanchiment des dents, en passant par la perte de poids et la prévention de la maladie d’Alzheimer. La grande majorité de ces allégations ne repose sur aucune preuve scientifique. Dans le domaine de la savonnerie, la valeur de l’huile de coco est claire et concrète : en tant que source d’acide laurique, elle favorise la formation de mousse et renforce le pouvoir nettoyant. Ses domaines d’application scientifiquement validés sont limités et il convient d’éviter les allégations exagérées.

Produits Chailea contenant cet ingrédient

L’huile de coco (Cocos Nucifera Oil) est la principale source de moussage dans 22 produits de la gamme Chailea. Voir tous les produits →

Références

1. Agero, A. L., & Verallo-Rowell, V. M. (2004). Essai randomisé, en double aveugle et contrôlé comparant l’huile de coco extra vierge à l’huile minérale en tant qu’hydratant pour la xérose légère à modérée. Dermatitis, 15(3), 109-116. doi:10.2310/6620.2004.04006

2. Nakatsuji, T., et al. (2009). Propriétés antimicrobiennes de l’acide laurique contre Propionibacterium acnes. Journal of Investigative Dermatology, 129(10), 2480-2488.

3. Groupe d’experts de l’CIR. Évaluation de la sécurité des ingrédients dérivés d’Cocos Nucifera.


Lire l'article original en turc sur chailea.com →

Oğuz Kağan Dereci

MSc Chimiste · Chailea / ChaiNovi Sanayi Ticaret Ltd. Şti.

Chaileapedia est le fruit des recherches sur les ingrédients menées dans le cadre de la fabrication des savons à froid d’Chailea, à Rize, sur la côte de la mer Noire en Turquie. Chaque entrée est documentée par un nom d’INCI, avec mention des sources citées, et sans exagération.

Chaileapedia Il s'agit d'un ouvrage de référence pédagogique consacré aux ingrédients cosmétiques et à la science de la fabrication du savon. Il n'est pas destiné à diagnostiquer, traiter, guérir ou prévenir une quelconque maladie.